Astrid Dick se réfère volontiers à Schopenhauer pour qui toute forme d’expression humaine est inférieure à la musique. Dans la descendance des maîtres de la modernité du XXe siècle, sa préoccupation majeure est de minimiser les interférences entre la réalité et la représentation qu’elle en fait sur ses toiles de très grand format.
Elle construit, détruit et reconstruit incessamment ses sujets – souvent des poupées, objets de projection des fantasmes, des deuils, des blessures, des violences, des espoirs et des pulsions refoulées – jusqu’à ce qu’elle obtienne un résultat qui traduise non pas la réalité du modèle mais son être – son code génétique, en quelque sorte –, à travers la sensation subjective qu’elle en a. Le hasard intervient dans le processus, l’artiste se contentant de le contrôler pour éviter qu’il ne la dévoie de son propos initial.
Son style, violemment expressionniste, est à l’image de sa vitalité débordante.