hysteriques reinvented, installation in psychoanalyst’s office

Sur LES HYSTERIQUES D’ASTRID DICK, Monique David Ménard écrit :

Lorsqu’on dit d’une femme qu’elle est toute en rondeurs on indique une piste qui va vers la générosité et la mollesse. Le trait d’Astrid Dick est pourtant acéré lorsqu’elle dessine et grave des femmes souffrantes mais ouvertes par l’expression de leur douleur ; la rondeur des traits sert ici l’ouverture : ouverture de la bouche, ouverture des seins dont la rondeur soulignée accompagne celle de la bouche, rondeur des yeux grand ouverts et du ventre plissé. Je n’avais jamais vu tant de générosité dans l’effroi. Récemment encore, à la Chapelle de l’hôpital de la Salpêtrière, Ernest Pignon-Ernest dévoilait de grands nus magnifiques et décharnés pour ces femmes hystériques investies par l’acuité du regard de Charcot. Mais les Hystériques d’Astrid Dick ne s’inscrivent pas dans la litanie des mystiques dont les performances auraient inspiré, dit-on, la souffrance des femmes. L’expressionnisme des traits se met au service d’une violence accueillante : hanches ouvertes, mais militantes en quelque sorte.

Une seule exception dans ce parti pris de la rondeur et le paradoxe se redouble par là : le nombril n’est pas rond. Certaines des gravures en font un collage : le collage d’un petit pénis ou selon l’image d’un sexe d’homme, bourses et verge en miniature. Est-la une révérence ironique aux théories psychanalytiques classiques, trop classiques ?